Comportements indésirables et gênants du chat

Compte-rendu de l’EPU des 30 avril et 1er mai 2010 à l’ENVA

Beaucoup de comportements indésirables du chat sont dus à l’ignorance de ses besoins

Du 30 avril au 1er mai 2010, l’ENVA organisait un enseignement post-universitaire (EPU) sur le comportement du chat en partenariat avec SEEVAD. Comme celui organisé l’an dernier pour le chien, il s’adressait aux praticiens et aux étudiants curieux d’une approche éthologique des troubles comportementaux. « Quelle que soit la relation entre le chat et l’homme la problématique du chat domestique, animal solitaire et non territorial est fondamentalement écologique » a rappelé Le Professeur Bertrand Deputte, professeur d’éthologie à l’ENVA. A la différence du chien, le chat doit avant tout se familiariser à son environnement (dont l'homme fait partie).

Notre consœur Isabelle Vieira, présidente de SEEVAD, a rappelé l’absence d’attachement et d’empreinte chez cette espèce nidicole ainsi que l’importance pour son développement du jeu-prédation qui doit être favorisé à l’aide d’objets. Monique Bourdin et Géraldine Dalibard ont souligné que beaucoup de comportements indésirables pour les propriétaires (griffades, malpropreté urinaire, comportements d’attaques entre chats ou envers l’homme) étaient des comportements normaux d’animaux dont on ne respecte pas suffisamment le bien-être ou l’environnement. Par nature, toute cohabitation avec cette espèce reste fragile, un chat faiblement familiarisé ou peu apprivoisé pouvant devenir intolérant à des situations de contact forcé ou attaquer juste après des caresses. Les techniques de modifications comportementales reposent chez le chat sur l'extinction (absence de réponse) en cas de comportement d'attaque et de renforcements positifs si l’animal est demandeur de contacts. La punition directe est bannie au profit d’objets disruptifs réorientant le chat vers une autre cible. L’ignorance par le propriétaire que le chat est un grignoteur (24h/24) peut également générer des comportements gênants : attaques, malpropreté, troubles du sommeil… Quant à l’obésité, elle serait plutôt, selon Isabelle Vieira, le résultat d’un stress par incapacité du chat à produire des comportements naturels de chasse procurant plaisir et activité. A ce sujet, notre confrère Pascal Lescroart est venu présenter le pipolino dont il est l’inventeur. Plus qu’un jouet, cette « gamelle » à distribution lente et ludique permet d’enrichir le milieu de l’animal et d’induire un comportement de prédation.

Catherine Escriou maître de conférences en neurologie à l’école de Lyon a mis en avant les liens existant chez le chat entre troubles organiques et comportement. Les affections algiques, notamment, peuvent susciter chez lui irritabilité, recherche d’isolement et malpropreté. Avec les dysendocrinies (hyperthyroïdie), les encéphalopathies (inflammatoires, néoplasiques, dégénératives ou liées au vieillissement) sont également à l’origine de vocalisations excessives, d’attaques, de perturbations de la prise alimentaire ou du sommeil. La majorité des comportements gênants étant d’origine organique, le praticien joue un rôle fondamental dans le dépistage précoce de ces affections. L’approche éthologique vétérinaire proposée durant ces journées fait également ressortir que, comme le chien, beaucoup de comportements indésirables du chat sont liés au fait que les propriétaires méconnaissent ou négligent les besoins de leur animal. La médicalisation ne doit être utilisée qu’en dernier recours lorsque toutes les techniques de modifications comportementales et l’enrichissement du milieu n’auront pu venir à bout du comportement indésirable.