L’association SEEVAD : Ses liens avec l’éthique animale

Le chien vivant dans la même niche écologique que l’homme, il nous apparaît que travailler sur le comportement de l’animal de compagnie, revient à travailler sur une partie de la vie de l’homme. Travailler sur la vie de relation du chien, c’est travailler sur un pan de nature en symbiose avec l’homme. Maltraiter le chien, c’est maltraiter une partie de l’homme, une partie de la nature de l’homme.

Aussi, SEEVAD s’est donné pour mission de participer aux progrès scientifiques concernant le comportement du chien, afin de mieux appréhender sa vie avec l’homme, de mieux prendre en charge les problèmes que sa vie avec l’homme soulève chaque jour, de mieux protéger sa nature animale et ses liens avec la nature humaine, et de préserver son bien-être au contact de l’homme sans le dénaturer, de répondre à ses besoins vitaux et relationnels sans en faire un malade, à fortiori un malade de l’homme. L’homme ne peut s’émanciper de ce devoir de satisfaire aux besoins du chien. L’homme n’est pas éthiquement autorisé à modifier le chien, en particulier avec des médicaments, pour que celui-ci satisfasse aux besoins de l’homme. Aucun chien n’est fou. L’homme en général, et la profession vétérinaire en particulier, sortiraient grandis d’une prise de conscience que le chien n’est pas un produit humain, un produit de consommation devant répondre aux modes de vies les plus excentriques, les moins humaines. L’évolution en a fait un compagnon d’échanges affectifs, pas une monnaie d’échange de nos égoïsmes. Dans une nature parfois dénaturée, mieux le comprendre, c’est mieux l’aimer.

Qu’est-ce que l’Ethologie Vétérinaire ?

L’éthologie est l’étude objective de la biologie du comportement. Il s'agit de l'étude du comportement animal tel qu'il peut être observé chez l'animal sauvage en milieu naturel, chez les animaux en captivité, ou chez l'animal domestique. La particularité de l’animal domestique est qu’il offre un champ d’action nouveau à l’éthologie qui doit alors inclure dans son programme, l’étude des relations homme-animal, et l’étude des comportements d’une espèce dans un milieu qu’elle ne s’est pas approprié. Le chien est captif de l’homme. Le chien n’a pas choisi la maison dans laquelle il vit. Mais le chien est un animal domestique qui s’est rapproché de l’homme depuis des millénaires, avec des bénéfices communs. L’histoire de cet échange entre ces deux espèces doit nous amener vers un regard éthologique spécifique, afin de comprendre « cette espèce sans milieu propre » et le répertoire de ses comportements, sans anthropomorphisme, sans moralisation, ni psychiatrisation.

Les quatre questions qui occupent l’éthologiste sont :
• quels sont les facteurs internes et externes à l’organisme qui déterminent l’apparition d’un comportement ?
• en quoi un comportement peut-il être adapté et quels sont les bénéfices d’un comportement pour l’individu et sa descendance ?
• quelle est la phylogenèse d’un comportement ?
• quelle est l’ontogenèse d’un comportement et en quoi est-il le résultat de l’expérience ?

L’animal domestique, et plus encore l’animal de compagnie, vivant dans la même niche écologique que l’homme, ces questions intéressent tout naturellement le monde vétérinaire, en charge de la santé des animaux domestiques. Les professionnels de l’animal sont unanimes pour intégrer l’idée selon laquelle l’homme imprime une exigence adaptative particulière à nos espèces de compagnie. Beaumarchais disait déjà: « … Aux qualités qu’on exige d’un chien, connaissez-vous beaucoup de maîtres qui soient dignes d’être adoptés ? »

Porter à son sommet les capacités adaptatives de l’animal domestique oblige à nous rendre humbles et nous reconnaître responsables de l’émergence de comportements révélateurs d’une souffrance animale et présentant des nuisances pour l’homme. Le vétérinaire est en première ligne pour s’interroger sur l’origine des troubles du comportement, et sur les meilleures méthodes pour résoudre le problème des comportements gênants. Il s’agit alors de prendre en charge la souffrance animale dans un esprit scientifique et éthique.

De là est né le concept d’« Ethologie Vétérinaire » : réunir ces deux termes, c’est réunir deux mondes scientifiques qui se côtoient encore trop peu, en une « association de bienfaiteurs ». C’est pour mutualiser les forces vives autour de l’étude du comportement que SEEVAD a vu le jour et qu’elle entend soutenir la cause animale.

L’éthologie vétérinaire constitue une approche nouvelle, plus large, et clairement divergente de la zoopsychiatrie. Elle s’appuie sur des données étayées par les travaux scientifiques de l’éthologie, qui est fondamentalement une science de l’observation, et y ajoute la griffe vétérinaire, fondamentalement clinicienne, en y apportant le « comportementalisme », qui se définit comme un ensemble d’outils et de méthodes d’intervention techniques multiples et créatifs, constamment remis en cause dans un esprit scientifique. L’objectif est qu’il s’en dégage une efficacité pour une prise en charge fonctionnelle des comportement gênants des animaux.

SEEVAD veut bousculer l’approche ancienne exclusivement française, et s’inscrit dans une démarche pluridisciplinaire et internationale, en faveur d’un esprit critique, de façon à éviter tout écueil corporatiste.